Avertissement : des membres du public sont contactés par des personnes prétendant travailler pour AXA Investment Managers. Découvrez plus d'informations et ce qu'il faut faire en cliquant ici.

Investment Institute
Développement durable

COP 28. Que faut-il en attendre ?

  • 15 novembre 2023 (7 minutes)

La COP28 s’inscrit dans le sillage de la publication par les Nations unies du premier bilan mondial des progrès accomplis vers les objectifs de l’Accord de Paris. Cet exercice se fonde sur le sixième rapport d'évaluation du GIEC, qui indique notamment que les efforts collectifs visant à maintenir le réchauffement climatique à un niveau inférieur à 2°C restent très insuffisants, augmentant par là-même les risques de déclenchement de points de basculement. Le rapport du GIEC souligne également que les flux d'investissement destinés à réduire les émissions et améliorer la résilience au changement climatique devraient être trois à six fois plus importants qu'aujourd'hui.

Principaux enseignements du bilan mondial

Si ce premier bilan mondial met en exergue la nécessité d’une véritable collaboration internationale ainsi que les besoins de financement des pays en développement, indispensables à une transition juste, il insiste également sur les transformations que requiert l’ensemble des secteurs d’activité, tant du côté de l'offre que de la demande. Ce point est essentiel car l’accent est trop souvent mis exclusivement sur l'industrie pétrolière et gazière, sous-estimant la contribution nécessaire des autres secteurs.

Le bilan mondial n'est pas non plus prescriptif quant à l'obligation de réduire la production de pétrole et de gaz d'ici à 2030, à la différence du charbon. Bien sûr, il n'exclut pas les efforts de réduction ou, à minima, de stabilisation de la production, mais oblige donc implicitement à prendre une certaine distance par rapport aux implications du scénario 1,5°C.

Enfin, la séquestration du carbone est présentée comme une option valable à court terme ou s’agissant des secteurs pour lesquels la décarbonation s’avère complexe, mais certainement pas comme une option globale et pérenne.

Une COP controversée

La présidence du sultan Ahmed Al-Jaber, ministre de l'industrie des Émirats arabes unis et directeur général de la Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), a soulevé d’importantes critiques dans un contexte de piètres performances du pays en matière de sobriété énergétique et de par sa volonté de continuer à exploiter ses réserves de pétrole et de gaz jusqu’en 2030. La décision d’inviter le président syrien Bachar el-Assad, malgré les accusations de crimes de guerre et de violations des droits de l'homme qui le ciblent, est venue renforcer ces controverses.

Mais d’autres éléments nous poussent également à modérer nos attentes. Tout d’abord, les priorités de la présidence émiratie ne sont ni disruptives, ni transformationnelles. Elles se résument à mettre l’accent sur l’augmentation des solutions d'atténuation et d'adaptation, sur l’augmentation des objectifs en matière de capacités renouvelables, sur la promotion d’un accès plus équitable au financement et sur l'appel à l'opérationnalisation du fonds pour les pertes et dommages acté lors de la COP27. Les Émiratis défendent une transition énergétique holistique qui inclut toujours les hydrocarbures, insistant sur les questions de sécurité énergétique. Si les pays du Golfe ont bien sûr tout intérêt à exploiter au maximum leurs réserves de pétrole et de gaz avant que la demande et les prix ne commencent à diminuer, il n’en reste pas moins qu’il existe pourtant des différences majeures et évidentes entre augmenter l'offre d'ici à 2030 et tenter de la stabiliser ou même la réduire.

Nous émettons également des réserves quant à l'importance accordée à l'hydrogène et à la séquestration du carbone, ces technologies n’étant pas des solutions miracles. Outre la nécessité de décarboner la production d’hydrogène, le coût de ces technologies reste à ce stade encore non compétitif, notamment au regard des besoins d’infrastructures en matière de transport et de stockage. Dans ce contexte, l’hydrogène ne devrait être une solution de décarbonation optimale que dans certains cas bien spécifiques comme le transport maritime longue distance ou l’acier. Quant à la séquestration du carbone, elle ne devrait se limiter qu’aux secteurs n’ayant pas d’autres alternatives, comme le ciment. Dans la majorité des secteurs industriels, la priorité est à la réduction des émissions. Le secteur du pétrole et du gaz, en particulier, ne peut pas uniquement compter sur la capture du carbone, mais doit changer en profondeur son modèle opérationnel.

Pourtant, les compagnies pétrolières nationales telles qu’ADNOC, qui représentent collectivement plus de 40 % de la production mondiale de pétrole, ont les capacités technologiques et financières d'augmenter leurs investissements en renouvelables et en infrastructures. La présidence émiratie aurait la possibilité de montrer l'exemple dans ce domaine, afin d’accélérer la transition.

La nécessité d’une approche pragmatique

Face à ce constat, mais également en raison de l'absence de consensus international sur les actions prioritaires à mener, nous estimons qu’il est nécessaire d’aborder cette COP28 de manière pragmatique et de modérer nos attentes. Nous ne pouvons que prendre en compte la multipolarité accrue du monde qui, exacerbée par l’insuffisance des transferts financiers vers les pays en développement, freine coordination et collaboration internationale.

S’il est dans ce contexte peu probable d’assister à un basculement vers une réduction progressive de la production de combustibles fossiles, la COP28 pourrait néanmoins marquer des progrès décisifs vers l'éolien et le solaire, et plus largement dans les infrastructures de transport/stockage.

Ce n'est que par ce biais que les pays en développement ne seront plus contraints de choisir entre la monétisation de leurs ressources fossiles et la lutte contre le changement climatique. Les pays africains, par exemple, disposent d'un grand potentiel en matière d’éolien ou d'énergie solaire. Mais la demande locale est à cette heure insuffisante pour justifier des projets à grande échelle, viables économiquement. Le développement d’infrastructures sous-jacentes est à ce titre indispensable, notamment à des fins d’exportation.

En tant qu'investisseurs, nous ne pouvons pas nous substituer à l'action des gouvernements. Nous pouvons cependant continuer à faire pression pour que ceux-ci agissent davantage, tout en nous engageant aux côtés du secteur privé afin de réduire les émissions et contribuer à modifier l'ensemble de l'écosystème et des schémas de demande.

Inscrivez-vous à la lettre mensuelle investissement responsable ?

S'abonner
S’abonner à nos publications.
GAMME ACT

Investissement Climat

En tant que gestionnaires d’actifs responsables, nous investissons activement sur le long terme pour assurer la prospérité de nos clients et garantir un avenir florissant à la société et à la planète. Le changement climatique et la réponse pour lutter contre ce phénomène constituent peut-être les défis les plus urgents à relever dans cette perspective.

En savoir plus

Articles et vidéos

    Avertissement

    Investir sur les marchés comporte un risque de perte en capital.

    Ce document est exclusivement conçu à des fins d’information et ne constitue ni une recherche en investissement ni une analyse financière concernant les transactions sur instruments financiers conformément à la Directive MIF 2 (2014/65/CE) ni ne constitue, de la part d’AXA Investment Managers ou de ses affiliés, une offre d’acheter ou vendre des investissements, produits ou services et ne doit pas être considéré comme une sollicitation, un conseil en investissement ou un conseil juridique ou fiscal, une recommandation de stratégie d’investissement ou une recommandation personnalisée d’acheter ou de vendre des titres financiers. Ce document a été établi sur la base d'informations, projections, estimations, anticipations et hypothèses qui comportent une part de jugement subjectif. Ses analyses et ses conclusions sont l’expression d’une opinion indépendante, formée à partir des informations disponibles à une date donnée. Toutes les données de ce document ont été établies sur la base d’informations rendues publiques par les fournisseurs officiels de statistiques économiques et de marché. AXA Investment Managers décline toute responsabilité quant à la prise d’une décision sur la base ou sur la foi de ce document. L’ensemble des graphiques du présent document, sauf mention contraire, a été établi à la date de publication de ce document. Du fait de sa simplification, ce document peut être partiel et les informations qu’il présente peuvent être subjectives. Par ailleurs, de par la nature subjective des opinions et analyses présentées, ces données, projections, scénarii, perspectives, hypothèses et/ou opinions ne seront pas nécessairement utilisés ou suivis par les équipes de gestion de portefeuille d’AXA Investment Managers ou de ses affiliés qui pourront agir selon leurs propres opinions. Toute reproduction et diffusion, même partielles, de ce document sont strictement interdites, sauf autorisation préalable expresse d’AXA Investment Managers. L’information concernant le personnel d’AXA Investment Managers est uniquement informative. Nous n’apportons aucune garantie sur le fait que ce personnel restera employé par AXA Investment Managers et exercera ou continuera à exercer des fonctions au sein d’AXA Investment Managers.

    AXA Investment Managers Paris – Tour Majunga – La Défense 9 – 6, place de la Pyramide – 92800 Puteaux. Société de gestion de portefeuille titulaire de l’agrément AMF N° GP 92-008 en date du 7 avril 1992 S.A au capital de 1 421 906 euros immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Nanterre sous le numéro 353 534 506.

    Avertissement sur les risques

    La valeur des investissements, et les revenus qu'ils génèrent, sont sujets à des variations, ce qui peut engendrer une perte totale ou partielle du capital initialement investi.

    Haut de page
    Are you an IFA or other Professional Investor ?

    Are you a financial advisor, institutional, or other professional investor?

    This section is for professional investors only. You need to confirm that you have the required investment knowledge and experience to view this content. This includes understanding the risks associated with investment products, and any other required qualifications according to the rules of your jurisdiction.