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Nourrir la population sans dégrader la planète

  • 25 août 2022 (5 minutes)

La population mondiale devrait passer de 7 milliards d’habitants en 2022 à 8,5 milliards en 2030. Tandis qu’il s’avère indispensable de nourrir davantage de personnes, il est essentiel de le faire de manière durable pour préserver notre planète. Or, le secteur agricole est extrêmement vulnérable face aux défis environnementaux imposés par le changement climatique, notamment les sécheresses sévères, les espèces envahissantes et les parasites, qui se traduisent par de mauvaises récoltes et des céréales moins nutritives. Les effets négatifs se font déjà sentir. En Europe, les températures record enregistrées au mois de juillet ont affecté les récoltes. Dans le secteur des graines de moutarde, une grave sécheresse au Canada (premier producteur mondial) a pesé sur la production et entraîné des pénuries. Parallèlement, les mauvaises récoltes dues à la chaleur et à la sécheresse en Amérique du Sud, associées au manque de personnel lié à la COVID-19, ont entraîné une pénurie mondiale d’huiles comestibles.

Si le secteur de la production d’énergie représente la principale contribution aux émissions globales de gaz à effet de serre (GES), le secteur alimentaire arrive en deuxième position. En effet, il est à l’origine d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre ; cela est dû à la production et l’utilisation d’engrais à l’élevage et aux déchets alimentaires. L’agriculture et l’industrie agroalimentaire, à l’origine de 70 % des prélèvements d’eau douce, sont également responsables du stress hydrique.

De nombreuses entreprises du secteur introduisent toutefois de nouvelles approches, en proposant des solutions innovantes, économiquement viables et évolutives. Nous pensons que ces efforts se traduiront par des opportunités de croissance sur plusieurs décennies.

Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Citi, juillet 2022 ( Source : Food and Climate Change (« Alimentation et changement climatique ») – CitiGPS (citivelocity.com)

Élevage de bétail

17 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation proviennent de l’élevage, deuxième source d’émissions après l’exploitation des sols en raison de la fermentation entérique. Bien que l’élevage ait un impact très négatif sur l’environnement, une réduction drastique de la consommation de viande et de produits laitiers semble peu probable à court ou moyen terme. On estime même qu’au cours de la prochaine décennie, la consommation mondiale de protéines carnées devrait augmenter de 14 %. Cela est particulièrement vrai dans les pays en développement, où la richesse augmente. À ce titre, les solutions améliorant l’efficacité de l’élevage, telles que les enzymes, les microbes et les eubiotiques qui combattent les mycotoxines, optimisent la santé intestinale ou réduisent les émissions de méthane des ruminants, devraient avoir un impact positif sur l’environnement. L’entreprise scientifique néerlandaise qui fabrique des produits de nutrition et de santé animale, DSM, est un acteur de premier plan dans ce domaine. Son additif alimentaire pour les ruminants, y compris les vaches, contribue à réduire d’environ 30 % les émissions de méthane entérique. Parmi les autres pistes envisagées, on peut citer l’élevage sélectif, qui consiste à sélectionner les animaux d’élevage sur la base de leur ADN. Cette approche permet d’augmenter l’efficacité alimentaire et possède des avantages en termes sanitaires, car un nombre moins important d’animaux permet de produire la même quantité de protéines.

Production et utilisation d’engrais

Le processus de fabrication d’engrais, qui utilise des combustibles et de l’électricité, représente 9 % des émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire mondial. Il existe de nombreuses façons de diminuer ces émissions, en utilisant des énergies renouvelables ou en réduisant la demande d’engrais. Des solutions économiquement viables existent déjà. On peut citer le cas de l’agriculture de précision, qui aide les agriculteurs à améliorer le rendement, la vitesse de plantation et la rentabilité tout en réduisant l’utilisation des sols, des engrais et de l’eau. Ce type d’agriculture s’appuie sur des logiciels ou des systèmes qui améliorent la prise de décision des clients et l’exécution des tâches, en augmentant l’efficacité des ressources. Par exemple, des analyses fines permettent aux agriculteurs de prendre des décisions éclairées sur les quantités d’herbicides et d’eau nécessaires, ce qui limite les volumes et les cas d’utilisation excessive. L’entreprise américaine John Deere est particulièrement active dans ce domaine. Plus de 315 millions d’hectares de terres agricoles sont exploités à l’aide des technologies John Deere, qui a fourni et installé plus de 44 000 machines connectées dans le monde entier.

Déchets alimentaires

Alors que 600 millions de personnes n’ont pas assez à manger, on estime qu’un tiers de la nourriture produite est perdue ou gaspillée. Chaque année, cela représente environ deux milliards de tonnes de nourriture produites, mais jamais consommées ; cette situation a un impact considérable sur l’environnement. Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième contributeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, juste après la Chine et les États-Unis.

Les émissions de GES dues au gaspillage alimentaire sont mises en perspective avec les volumes d’émissions nationaux dans le graphique ci-dessous :
World Resource Institute (WRI) 2019, FAO, Citi Global Insights

Au sein de la chaîne de valeur, la plupart des déchets alimentaires sont générés au niveau de la vente de détail et du consommateur final. Des solutions telles que l’allongement de la durée de conservation des produits, la réduction des contaminations microbiennes ou la conservation des aliments sont essentielles pour réduire le gaspillage alimentaire. Corbion, une entreprise chimique néerlandaise spécialisée dans les ingrédients biosourcés pour l’industrie agroalimentaire, fait partie des acteurs présents sur ces segments. L’entreprise est déterminée à offrir des solutions qui réduisent le gaspillage alimentaire et améliorent la santé, tout en préservant la planète.

Les problèmes et les solutions sont dispersés tout au long de la chaîne de valeur et nous pensons que cette réalité est tout aussi encourageante que complexe pour les investisseurs. Alors que le monde se prépare à l’avenir sans émissions tracé par les pouvoirs publics et que nous nous efforçons progressivement de maîtriser l’impact climatique du système alimentaire dont nous dépendons tous, nous pensons que les opportunités d’investissement sont nombreuses.

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