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Social

Division du travail : l’exemple du Royaume-Uni

  • 02 juin 2022 (5 minutes)

Si la chute du taux de chômage au Royaume-Uni, redevenu proche du niveau d’avant pandémie, a été la bienvenue, les chiffres saisissants qui font la une des journaux cachent une réalité bien plus complexe.

L’emploi reste plus faible qu’avant la crise sanitaire. Si le taux de chômage est si bas, c’est parce que de nombreuses personnes ont quitté la population active. Le fait qu’elles y reviennent ou non aura une influence sur la tension du marché du travail et des conséquences sur la politique monétaire.

Lorsque le plan de chômage partiel s’est terminé à la fin septembre 2021, il concernait encore près d’un million de travailleurs. Avec la fin de ce plan, on s’attendait à une légère hausse du taux de chômage le temps que le marché de l’emploi se réajuste. Au lieu de ça, il a continué à diminuer régulièrement jusqu’à atteindre 4,1 %.

Malgré cette baisse, il y a toujours 600 000 personnes en activité de moins qu’avant la pandémie. La raison de cette apparente contradiction est qu’aujourd’hui, la population active compte 500 000 individus de moins qu’avant la crise de COVID-19. Les rangs moins fournis de travailleurs potentiels ont ainsi exacerbé les pressions actuelles.

Recrutement actif

Le nombre de postes à pourvoir a atteint un niveau record de 1,3 million. Le ratio de chômeurs par poste vacant, quant à lui, est tout juste au-dessus de 1, le niveau le plus bas depuis 2001. La pénurie de main-d’œuvre présumée a tiré les salaires vers le haut, faisant craindre une inflation permanente.

Pendant la pandémie, l’inactivité a pris de l’ampleur : les gens ont cessé de travailler pour éviter d’être contaminés, pour s’occuper de leurs proches ou pour des raisons de santé. Une grande incertitude plane sur la persistance ou non de cette augmentation de l’inactivité et sur la manière dont évoluera la population active au fil de la reprise de l’économie.

Au Royaume-Uni, la légère hausse de l’inactivité s’explique principalement par la hausse du nombre de personnes qui étudient (qui croît généralement en période de récession), qui sont en arrêt maladie prolongé (dont une partie pourrait l’être, selon les rapports, car ils sont atteints de Covid long), ou qui optent pour une retraite anticipée (décision probablement influencée par la pandémie).

La chute de la participation à la population active a aggravé le problème à plus long terme d’une population vieillissante, qui pesait déjà sur la croissance avant, mais qui a sans doute été amplifié par la réduction des migrations mondiales.

Inégalités hommes-femmes

À l’échelle internationale, les femmes ont perdu leur emploi plus rapidement que les hommes pendant la pandémie, principalement à cause du fait qu’elles sont surreprésentées dans les secteurs les plus affectés par les confinements, tels que la vente au détail et les autres services au contact des consommateurs.

En dépit du rebond de l’activité, ces écarts persistent puisque les secteurs en question ne se sont pas encore totalement remis.

Le chômage chez les femmes est resté à la traîne par rapport au chômage chez les hommes, pour lesquels l’écart avec l’avant-Covid a entièrement disparu. De même que les insuffisances persistantes dans l’emploi, les différences de taux de chômage peuvent s’expliquer par la disparité entre la participation des hommes et celles des femmes. 

En effet, la majorité des femmes qui avaient quitté la population active y sont revenues, ce qui n’est pas le cas des hommes.

Histoire de génération

Si l’inactivité s’est accrue dans toutes les tranches d’âge, les nettes augmentations se concentrent chez les plus âgés, ce qui inverse la tendance de hausse de participation des travailleurs plus âgés qui existait avant la pandémie.

Les plus jeunes, malgré une inactivité qui reste élevée, ont commencé à reprendre le chemin du travail, avec un taux de chômage qui redescend après avoir atteint son pic.

Les taux de participation chez les travailleurs âgés de 50 à 64 ans sont au plus bas depuis le début de la crise sanitaire, laissant penser qu’il s’agit là d’un changement plus permanent.

Les raisons de la divergence entre les travailleurs jeunes et moins jeunes sont plurielles. Les organisations qui soutiennent les travailleurs âgés suggèrent que, si certains ont choisi de se retirer de la population active, cela est en partie dû à des problèmes de santé et la réticence des entreprises à les embaucher ou à leur offrir la flexibilité dont ils ont besoin.

Éthique professionnelle

Le gouvernement a récemment lancé des politiques qui visent à atténuer les pressions, et annoncé notamment un programme « way to work » (le chemin de l’emploi) conçu pour motiver les sans-emploi à retrouver du travail.

Mais comme le problème semble relever davantage de la faible participation que du chômage élevé, et si l’on ne prend pas en compte la manière de réintégrer ceux qui ont quitté les rangs des travailleurs, l’impact de ces politiques risque de rester limité.

La Banque d’Angleterre prévoit un retour de la plupart des absents au fur et à mesure de la reprise économique. Le risque est que les pressions sur le marché de l’emploi perdurent si la réintégration des travailleurs est plus lente que prévu ou ne se fait tout simplement pas. Cela impliquerait un resserrement monétaire encore plus important à moyen terme.

Dans l’immédiat, le défi à relever consiste à estimer la part de travailleurs en inactivité à cause de la pandémie qui reprendra naturellement le travail, et à comprendre le risque que représentent ceux qui ne le reprendront pas. Or, au vu de l’incertitude qui entoure actuellement les migrations et les évolutions démographiques futures au Royaume-Uni, le risque d’avoir un marché du travail durablement tendu est réel.

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